Mercredi 7 juillet 2010
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Le problème de la fraude à la
commande par Internet est maintenant bien connu. On sait que ces fraudeurs viennent la plupart du temps d’Afrique, mais ils ont trouvé une nouvelle astuce pour écarter les soupçons : se faire
passer pour des sociétés européennes existantes. Zoom sur leurs pratiques.
La base de données en ligne de grossistes ITdistri et son service d'informations avertissent les professionnels de la distribution informatique des pratiques de ces sociétés frauduleuses. Afin
d’inciter les sociétés qui seront leurs victimes à leur faire confiance, elles passent, depuis quelques semaines, des commandes avec des noms de domaine très proches de ceux de sociétés
européennes, et souvent françaises.
La procédure : la fausse société commande des produits à une société de distribution informatique, disparaît sans les payer après livraison puis les revend sur le marché noir ou gris, réalisant
ainsi une marge de 100%.
Ce qui a changé, c’est que les fraudeurs, qui se présentaient auparavant comme des revendeurs d’origine africaine (souvent originaires de Côte d’Ivoire selon l’Ambassade de France de ce pays),
tentent aujourd’hui d’usurper l’identité de revendeurs, grossistes ou fabricants européens, plus particulièrement français. Grâce à un système de noms de domaines et de sites web qui imitent ceux
de sociétés existantes ayant des notes crédit positives, les fraudeurs peuvent donner le change face aux fournisseurs. Les produits sont livrés à un transitaire en France, puis, le plus souvent,
au Royaume-Uni et vers le Mali et la Côté d’Ivoire.
Déjà une dizaine de sociétés concernées
" Nous avons reçu en mai une notification d’un grossiste français dont l’identité avait été usurpée (société Germond, basée dans le Jura – germond-sas.fr au lieu de germondsa.fr), que nous
avons rapidement signalé à nos lecteurs, explique Alain Godet, fondateur d'IT distri. Ce que nous croyions être un cas isolé n’était en fait qu’une première alerte, puisque depuis, les
cas se sont multipliés, comme l’a signalé le magazine allemand Channel Partner et nous l’ont confirmé les sociétés interrogées ".
Exemples de réels noms de domaines de sociétés et de noms adoptés par les fraudeurs :
- Germond, basée dans le Jura – germond-sas.fr au lieu de germondsa.fr),
- Bechtle (vépéciste basé en Alsace – véritable nom de domaine : bechtle.fr),
- Bestware (VAD en infrastructures basé à Paris – bestware-france.fr au lieu de bestware.fr),
- Conectis (spécialiste en câblage et réseaux basé dans le Nord-Pas-de-Calais – conectis-sas.fr au lieu de conectis.fr),
- Cybertek (chaîne de revendeurs couvrant le sud-ouest de la France – véritable nom de domaine : cybertek.fr),
- Eric Archivage (éditeur revendeur en produits de GED basé à Lyon et Paris – véritable nom de domaine : eric-archivage.com),
- Immotique Distribution (spécialiste en câblage, réseaux et téléphonie fixe basé dans le Nord et en Normandie – immotiquedistribution.fr au lieu de id-alliance.com),
- NetApp France (filiale parisienne du fabricant américain de produits de stockage en réseau – netappfrance.com au lieu de netapp.com/fr),
- Newcom Distribution (spécialiste en produits retail, basé en banlieue parisienne –
- newcomdistribution.fr au lieu de newcomdistribution.com),
- Riso (filiale lyonnaise du fabricant japonais de matériels d’impression – riso-france.fr au lieu de risofrance.fr).
Les sociétés frauduleuses semblent donc avoir principalement enregistré leurs sites en Allemagne, par le biais de la société Cronon, basée à Regensburg en Bavière.
Pour les noms de domaine en .FR, les sociétés victimes de l’usurpation peuvent connaître les titulaires de ces noms de domaine. Pour les noms en .COM, les données ne sont pas vérifiées, donc
elles sont souvent fantaisistes et il est peu utile de les détenir.
C’est l’Allemagne qui a été le plus victime de ces fraudes. Des sociétés tchèques, hongroises, italiennes, polonaises, émiraties ou britanniques ont également été touchées. Celles qui ne s’en
sont pas rendu compte avant livraison ont perdu jusqu’à des (dizaines de) milliers d’euros.
ITdistri indique aux distributeurs informatiques, victimes potentielles, comment se protéger de ce danger : lorsqu’une société informatique reçoit une commande de la part d’une entreprise
étrangère, elle doit se méfier si la langue utilisée semble peu correcte. Par ailleurs, elle doit vérifier :
- « l’existence réelle de la société, par le biais des greffes des tribunaux de commerce locaux (en France, societe.com),
- de la couverture crédit de la société, via un assureur crédit comme la Sfac ou la Coface,
- mais aussi et surtout de la concordance des coordonnées communiquées par la société et de ses coordonnées réelles, par le biais d’un annuaire généraliste (pagesjaunes.fr ou équivalent), ou d’un
annuaire spécialisé local ou global. Les annuaires locaux, généralement édités par les magazines channel des différents pays, fournissent des informations plus ou moins complètes dans la seule
langue locale. Pour des informations dans d’autres langues, il faut passer par un annuaire global comme ITdistri.com, le seul à offrir les coordonnées en neuf langues (français, anglais,
allemand, italien, espagnol, russe, polonais, portugais et néerlandais) de plus de 6000 distributeurs sur l’ensemble des pays de la zone EMEA ».
Si l’adresse (de facturation et/ou de livraison, notamment en cas de livraison à un transitaire), le numéro de téléphone ou le nom de domaine ne sont pas ceux qu’ils devraient être, le
fournisseur doit alors refuser la vente, avertir la société réelle en direct et signaler la fraude aux autorités judiciaires compétentes. C’est également une bonne chose de chercher à diffuser
l’information, notamment en signalant le cas à son magazine channel favori ainsi qu’à ITdistri.
Outre le vol, les fraudeurs peuvent être poursuivis pour usurpation d’identité, cybersquatting et infraction à la législation des marques.
Étant donné que ce type de procédé commence à être connu en Allemagne, les cybercriminels risquent de cibler davantage les autres pays européens dans les prochaines semaines. Il est donc
important de rester vigilant.
Source: ITchannel.info